Peut-on interdire aux de ados de regarder du porno ?

Fraichement réveillé, je vais faire un tour sur Le Tag Parfait, et quel choc lorsque j’ai lu l’article « Comment la génération YouPorn regarde-t-elle le porno? » ! Je vous invite à le lire également, mais pour faire bref les ados aujourd’hui découvrent majoritairement le porno sur des sites gratuits, et y accèdent sur leurs smartphones.
Et devinez quoi? Le gouvernement, comme toujours à côté de la plaque, tente de se servir de cette étude de l’Ifop afin de mettre des bâtons dans les roues du porn. S’il est légitime de vouloir protéger nos jeunes de la violence de certaines images, la question qu’il faut se poser est : peut-on vraiment le faire?

Pour répondre à cette question je vais user de mon expérience personnelle, qui au vu de mon âge est tout à fait différente, mais pourtant comparable. Si aujourd’hui ça peut paraitre totalement périmé, la première pénétration que j’ai eu l’occasion d’observer était dans un magazine porno. J’avais 10 ans, l’équipe de France de foot était sur le point de gagner la coupe du monde, et l’année 1998 bâtait son plein. Écoutant les conseils d’un pote plus âgé que moi, j’allais alors découvrir toutes les joies du fap.

Une mesure proposée pour bloquer l’accès aux sites porno par les mineurs est de demander un numéro de carte de paiement que seuls les adultes peuvent posséder. Mais est-ce qu’en 1998 le gamin de 10 ans que j’étais avait les économies nécessaires pour s’acheter un magazine? Non. Et puis d’ailleurs, quel libraire aurait accepté de m’en vendre un? Nous étions donc bien dans une situation où les jeunes n’avaient pas accès d’eux-mêmes à la pornographie.

Wyylde La plus excitante des expériences de couple

Mais tous les moyens étaient bons pour parvenir à nos fins. Mes potes volaient des magazines ou des cassettes vidéo à leurs grands frères ou à leurs parents, certains les volaient carrément dans les kiosques. Ceux qui comme moi n’avaient ni frères ni le courage de voler s’en remettaient à eux.

Et puis la puberté s’est imposée à moi. Et ce n’étaient pas mes boutons d’acné, ma voix incertaine, ou encore mes premiers poils pubiens qui allaient mettre un frein à ma curiosité. Bien au contraire. Elle se démultipliait à mesure que mes hormones faisaient leur nid dans mon organisme. Nous étions alors en 2002, j’avais 12 ans. J’avais mon premier ordinateur et ma première connexion internet. Mais avec une vitesse de téléchargement très restreinte et une limite se comptant en heures (vive AOL 50h/mois) autant vous dire que le téléchargement de vidéos porno se faisait rare. Mes potes et moi avions alors élaboré une sorte d’échange sociale. Nous gravions notre porno sur des cds que nous nous faisions tourner. C’était finalement comme le bouton « partager » de Facebook, mais IRL. Mais ce n’était pas encore très fameux : la qualité était si mauvaise qu’il était difficile de distinguer une pénétration, la durée si courte qu’un fap était difficilement envisageable. Enfin… Le fap a-t-il vraiment des limites?

J’allais alors réaliser mes premières expériences en tant que vidéaste. Un an plus tard j’achetais ainsi ma première carte d’acquisition télé pour mon ordinateur. Il s’agit d’un composant qu’on ajoute à son ordinateur pour pouvoir regarder la télévision dessus. Et même l’enregistrer! Et devinez quoi? Un logiciel permettait de débrouiller Canal + gratuitement, me donnant ENFIN accès à de véritables films de cul. Pour pouvoir les enregistrer et les conserver j’ai alors appris tout l’art de savoir encoder une vidéo.
C’est à cette époque que j’ai découvert Marc Dorcel, Blue One, Le Journal Du Hard, qui étaient diffusés tous les premiers dimanches du mois tard dans la nuit sur Canal +.

Et puis finalement la technologie évoluant, l’accès au porno est devenu de plus en plus simple. Plus personne n’ayant à se poser la question de comment s’en procurer.

Si je vous raconte mon histoire c’est bien pour vous faire comprendre que si ma génération avait très difficilement accès à la pornographie, elle a su trouver des solutions malgré tout. Mais ce n’est pas le seul exemple que j’aurais pu citer ici. La vente de drogues est belle et bien interdite pour tout le monde en France, mais est-ce pour autant difficile pour un ado de se procurer un bout de shit? L’humanité possède des vices contre lesquels elle ne peut pas luter. Bien sûr ça ne veut pas dire qu’il faudrait offrir un accès illimité au Dorcel Club à tout enfant le désirant, mais plutôt l’accompagner dans sa découverte. L’éduquer.

Je conclurais cet article en citant Anna Polina :
« Avant internet il y avait une démarche. Quand on allait regarder le premier film porno c’était quelque chose d’interdit. Il y avait quelque chose d’excitant à l’idée de regarder le film sur Canal ou essayer de voler une VHS à quelqu’un de la famille! Il y avait vraiment quelque chose d’assez classe dans cette découverte. »

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *